God bless America
La poursuite du bonheur
Douglas Kennedy
L'Amérique en 1945 n'en avait pas fini avec ses démons. La guerre encore proche avait laissé des traces et plongé le pays dans ce qu'on a alors appelé « la chasse aux sorcières ».
Les héros de ce roman fleuve vont en faire les frais; amours contrariés, carrières entravées, honneur sali.
C'est une peinture sans concession d'un pays au prise avec une haine de l'autre, du communisme en l'occurrence, haine larvée et d'autant plus impitoyable qu'elle attaque l'individu, le broie dans un engrenage dont rien ni personne ne peut le sauver.
On imagine aisément la peur du regard de l'autre, le poids des préjugés et la rigidité bien pensante dans laquelle chacun est englué.
Un petit bémol pourtant, Douglas Kennedy ponctue ce roman de dialogues un tantinet mièvres dont la teneur n'ajoute rien à l'intrigue ( ils s'aiment fort fort) et vient plutôt contrebalancer un rythme qui aurait pu être effréné.