Silence
Pascale Roze
Parle moi
Elles sont deux sœurs, emmurées dans leurs solitudes respectives, prisonnières d'un passé commun douloureux et pourtant insuffisamment partagé.
Chacune a trouvé son exutoire, sa bouée, pour l'une c'est l'enseignement avec une attention portée à ses élèves proche du maternage; l'autre s'est choisi une maison, un nouveau lieu où planter ses racines, un espace où commencer une nouvelle histoire.
Les échanges entre elles sont codifiés, enfermés dans les non dits et les manques. Pourtant si chacune ressent la nécessité de se livrer, de se confier à l'autre, les mots avec leurs chapelets de souvenirs les en empêchent. La souffrance reste tapie dans l'ombre, prête à ressurgir à la moindre évocation aussi vive, aussi poignante.
La parole n'a d'effet libérateur que lorsque l'on est prêt à retraverser le miroir, à retourner du côté de la souffrance pour mieux s'en défaire.
Et ce voyage là est parfois trop difficile à entreprendre.